Peinture bio, écologique, naturelle... On fait le point

Biologique, biosourcée, écologique, naturelle... Bien des qualificatifs viennent définir certaines peintures, mais qu'en est-il vraiment ?

Peinture bio, écologique, naturelle... On fait le point
© Steve Allen/123RF

Les domaines de la décoration et de l'aménagement intérieur ne sont pas épargnés par la vague green qui a déferlé voilà plusieurs années. En effet, éthique et écologie sont désormais incontournables et tous les secteurs proposent une offre de produits biologiques de plus en plus large. Qu'est-ce une peinture bio ? Comment se fabrique-t-elle ? Quelles sont les réglementations ? Réponses. 

Mais au fait, c'est quoi une peinture ? 

Avant de devenir un bel aplat de couleur au mur, la peinture c'est un mélange de plusieurs éléments. Une peinture se compose d'une résine transparente, qui donne les qualités de base, de solvants qui permettent de rendre la peinture applicable (ce liquide s'évapore au séchage et peut être un dérivé pétrolier tel que le white spririt ou même de l'eau), de pigments qui donnent la couleur, d'adjuvants apportant certaines propriétés (anti rouille, etc) et de charges, aussi appelés agents matants, qui finalisent l'aspect du produit (mat, satiné, brillant). 

Alors, c'est quoi une peinture bio ?

Ce terme n'est pas vraiment adapté et a beaucoup été utilisé pour des raisons marketing. Une peinture se distingue d'une autre par l'origine de ses composants et peut ainsi être définie de bio sourcée, c'est à dire que sa résine est fabriquée à partir de composants issus du monde végétal (fibre, plantes...) ou de la chaux, de l'huile de lin, de l'argile, et non du pétrole ou de la chimie du pétrole. 

La réglementation, elle dit quoi ? 

Les normes qui régissent la fabrication sont écrites par l'AFNOR, Association française de normalisation, qui délivre notamment la marque NF, norme française, et sont nombreuses. Mais ce qui est important de vérifier, ce sont les COV, composés organiques volatiles. En effet, lorsque les solvants des peintures s'évaporent, des composés passent dans l'air ambiant et polluent. Les peintures sont donc classées de A+ (faibles émissions) à C (fortes émissions), toujours dans le cadre de ce que les normes autorisent. 

Mur ou boiserie, la peinture "bio" s'applique partout © Argile

L'idéal pour une chambre de bébé ? 

Forcément, en parlant de produits "sains", on a tendance à penser aux plus petits. La peinture biosourcée se donc prête très bien à une chambre d'enfant mais également à toutes les pièces de l'intérieur, du salon à la chambre à coucher.

Des limites ? 

Avec ce type de résine biosourcée, il y a une petite limite pour obtenir des produits qui soient très brillants. Concernant les couleurs, les possibilités sont infinies. Cependant, comme on nous l'explique chez Argile, il y a une certaine limite concernant le caractère lessivable de la peinture ou son utilisation sur des sols ou en extérieur.

Quid du prix ? 

S'agissant d'un marché porteur, mais moins développé par exemple que celui de l'alimentaire, les peintures "bio" sont encore un peu plus chères que les prix moyens. Mais dans une logique éco-responsable, on prend en compte les avantages du biosourcé, le caractère non nocif de la peinture, les faibles émissions de COV et la bonne qualité du produit, qui permet de durer dans le temps et donc d'être économique sur le long terme. 

Fabriquer sa propre peinture ?

Il est tentant et tout à fait possible de fabriquer une peinture naturelle et écologique. Avec du lait, des pigments, de la craie ou encore de la pomme de terre, de nombreuses recettes (sur Internet, proposées par des blogs spécialisés ou dans des livres) permettent de mettre au point des peintures maison. A vous de les tester !

(Merci à Argile pour ses conseils)