smarin ou la conception responsable "Maintenir un atelier de création française indépendante, c'est un peu une quête de liberté utopique"

la créatrice
La créatrice © DR.

Qui est Stéphanie Marin ?

Mon parcours professionnel commence lorsque j'avais 17 ans. J'ai toujours eu envie d'être indépendante, j'ai donc voulu travailler rapidement. Bac en poche, j'entame une licence ACL à la fac de lettres de Nice. Parallèlement, je monte une boutique de fripes, rue de la préfecture à Nice. Dès 1990, je parcours l'Europe à la recherche de matières premières pour mon recyclage textile. Rapidement, les bons stocks s'épuisent. Je crée alors ma marque de prêt-à-porter "Habits magiques" dès 1997 : des lignes épurées, des matières brutes et naturelles, des teintes minérales...
Mes créations connaissent rapidement un joli succès international avec des points de ventes comme Liberty's à Londres. Par ailleurs, je suis costumière pour le théâtre pour des pièces comme "Attache-moi" au théâtre de Nice ou "Le Hérisson" au théâtre de Bobigny à Paris : un exercice imposé qui me permet de m'aventurer sur de nouvelles pistes créatives. En 2004, lassée par la périodicité contraignante du monde de la mode, je décide de m'orienter vers le design. Sans idée précise en tête, je capitalise sur ma connaissance du textile, des volumes et des teintes naturelles. Cette réflexion me mènera rapidement à la première version de stones pour le living room, les Livingstones que j'autoédite sous la signature "Smarin". Dès lors, "Smarin" éditera chaque année une nouvelle gamme de produit : Néolivingstones, Mobileshadows, Livingisland, Mangiers, Nénuphares, Liquid...

 

les coussins livingstones
Les coussins Livingstones © Smarin

Comment vous est venue cette idée du coussin galet ?

En 2004, j'ai cherché à émettre une proposition d'objet, un concentré de mon travail sur le vêtement : tissu en matière naturelle, couleur minérale, forme géométrique épurée et une dose d'humour. Tout cela appliqué à l'objet, on obtient un coussin galet ! Dès le premier salon, les retombées ont sonné pour nous un nouveau départ, il a fallu s'accrocher, la production est devenue tellement importante que je ne pouvais plus mener les deux activités de front, et aujourd'hui les vêtements sont en sommeil et ont laissé place à d'autres projets autour du mobilier. J'en suis très heureuse. les Livingstones sont aussi une référence à Jonathan le Goéland, qui veut toujours voler plus haut, plus loin en quête de liberté. C'est symbolique parce que maintenir un atelier de création et une production française indépendante, c'est un peu une quête de liberté utopique.

 

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