"Je me suis promis de ne plus jamais négocier" : une chineuse explique pourquoi il ne faut pas le faire systématiquement
En brocante comme sur Vinted, les négociations vont bon train. Mais pour cette chineuse professionnelle, une simple expérience a suffi à lui faire promettre de ne plus jamais marchander.
C'est un peu le passage obligé dans les vide-greniers et autres brocantes du dimanche : "Vous me faites un prix ?". On dit même parfois que si l'on ne négocie pas, c'est que l'on se fait avoir. Sur les stands, on entend alors les passants demander systématiquement 1 ou 2 euros de moins, et parfois même seulement 50 centimes. Ce n'est pas ce qui va ruiner le vendeur, me direz-vous, ni ce qui va enrichir l'acheteur d'ailleurs. Pourtant, ce réflexe n'est pas sans conséquence et Jocelyne Loaëc, de la brocante en ligne "Ma Valise en Carton", en a fait l'expérience.
Si la chineuse explique d'emblée que son témoignage "n'est ni une règle, ni une leçon, ni une position figée sur la brocante ou la négociation", elle a tenu à partager avec ses abonnés une histoire qui a considérablement changé sa façon d'acheter dans ce contexte. Depuis cette expérience, elle s'est promis de ne plus jamais négocier automatiquement : soit le prix lui convient, soit elle passe son chemin. Et nombreux sont les commentaires de personnes disant faire exactement la même chose aujourd'hui.
Jocelyne raconte qu'au début, elle faisait comme tout le monde et demandait presque systématiquement une petite ristourne. Un dimanche en fin d'après-midi, elle tombe sur un petit objet et demande le prix, comme il est de coutume. La vendeuse lui annonce 3 euros. Sans vraiment réfléchir, elle lâche alors : "Vous me le faites à 2 euros ?". La chineuse raconte que le regard de la dame a immédiatement changé avant qu'elle n'éclate en sanglots. Cette dernière lui explique alors que, depuis le matin, tout le monde négociait avec elle et lui confie qu'elle faisait ce vide-greniers pour "finir son mois". Elle ajoute avoir "l'impression qu'il fallait tout donner".
La fondatrice de "Ma Valise en Carton" avoue s'être sentie minuscule. Elle s'est excusée et a finalement payé les 3 euros demandés au départ. Cet échange très simple lui a fait prendre conscience que si une personne fixe un prix pour un objet, c'est souvent que ce montant a du sens. Depuis, elle ne négocie plus, sauf lorsque c'est le vendeur lui-même qui ouvre la discussion sur ce terrain et que le prix devient juste pour tout le monde.
Sans donner de leçon, elle rappelle donc que ces négociations systématiques, même minimes, ont parfois plus d'impact qu'on ne l'imagine. Elles peuvent faire oublier le temps, le travail ou même la situation de la personne qui vend. De quoi faire réfléchir alors que la saison des vide-greniers bat son plein.