Leur toit s'ouvre comme une fleur : ces piscines iconiques des années 70 sont encore visibles partout en France
Avec leur allure de soucoupe volante, elles ont marqué le paysage français des années 1970. Un demi-siècle plus tard, ces piscines pas tout à fait comme les autres n'ont pas toutes disparu et méritent le détour.
Une drôle de coupole posée au milieu d'une pelouse, des hublots ronds… Pour certains, cette silhouette est immédiatement reconnaissable et réveille des souvenirs de cours de natation ou de mercredis après-midi à la piscine municipale. Pour les autres, elle mérite la découverte : derrière ses airs de soucoupe volante se cache l'une des architectures les plus étonnantes de la France des années 1970. Cinquante ans plus tard, plusieurs de ces bâtiments futuristes sont toujours là.
À l'époque, la France veut permettre à davantage d'enfants d'apprendre à nager. À la fin des années 1960, l'opération "1 000 piscines" voit le jour : imaginer des bâtiments modernes, reproductibles et suffisamment économiques pour être installés dans tout le pays. Plusieurs modèles voient le jour, mais l'un d'eux va particulièrement marquer les esprits avec son immense coupole ronde et son mécanisme permettant d'ouvrir une partie du toit lorsque le soleil apparaît.
Derrière son allure de soucoupe volante, la piscine Tournesol, imaginée par l'architecte Bernard Schoeller avec l'ingénieur Thémis Constantinidis se cache une véritable prouesse d'architecture et d'ingénierie. Une partie de son immense coupole métallique était conçue pour pivoter sur 120 degrés : aux beaux jours, la piscine couverte s'ouvrait ainsi largement sur l'extérieur, comme une fleur suivant le soleil. Plus étonnant encore, cette architecture futuriste a été pensée pour être préfabriquée et reproduite à grande échelle. Entre 1973 et le début des années 1980, 183 exemplaires sont construits en France. Aujourd'hui, leurs hublots et leur silhouette si particulière en font de précieux témoins de l'architecture des années 1970.
Toutes n'ont pas traversé les décennies. Certaines ont été démolies, d'autres profondément transformées et toutes n'ont pas conservé leur toit ouvrant d'origine. Mais plusieurs accueillent encore des nageurs sous leur célèbre coupole. À Arles, la piscine Philippe-Rouget de Trinquetaille, inaugurée en 1976, est toujours en service. À Étrépagny, dans l'Eure, on nage encore sous la célèbre coupole autour d'un bassin de 25 mètres. Une piscine Tournesol subsiste également à Raismes, dans le Nord, tandis que d'autres exemplaires sont encore visibles à Lingolsheim, près de Strasbourg, ou à Chabris, dans l'Indre. Autant de petites capsules des années 70 disséminées dans le paysage français.
Et certaines communes choisissent désormais de les préserver plutôt que de les faire disparaître. À Beauvais, la piscine Aldebert-Bellier, construite en 1975, vient ainsi de connaître une importante rénovation. Modernisé et agrandi, le bâtiment a conservé sa spectaculaire coupole d'origine, devenue le cœur du nouvel ensemble. Un choix qui raconte bien le changement de regard porté sur ces piscines : conçues autrefois comme des équipements standardisés à construire en série, elles apparaissent aujourd'hui comme un patrimoine architectural à sauvegarder. Et derrière leur silhouette familière se cache finalement tout un morceau de la France des années 1970.