Plus-value immobilière : l'étonnante trajectoire de l'ancienne maison de la famille Dupont de Ligonnès
C'est une adresse entrée malgré elle dans l'histoire criminelle française : le 55 boulevard Schuman. Dans la banlieue cossue de Nantes, l'ancien domicile de la famille Dupont de Ligonnès a connu plusieurs propriétaires depuis le drame.
Derrière la façade de cette bâtisse mitoyenne d'environ 120 m² se cache le souvenir d'une tragédie qui continue de fasciner les foules. Au-delà du mystère judiciaire, le destin immobilier de ce lieu qui a connu l'horreur interroge. Comment un tel espace parvient-il à se détacher de son passé pour réintégrer le marché ? Dans une enquête minutieuse publiée sur sa chaîne YouTube, le vidéaste Simon Puech s'est penché sur le destin hors norme de cette demeure.
À l'époque du drame, la famille Dupont de Ligonnès n'était que locataire. La propriétaire, une dame âgée, s'est éteinte peu de temps après les faits. Ses héritiers ont choisi de ne pas raser la maison et se sont contentés de travaux sommaires : la pose de filtres occultants sur les fenêtres, quelques coups de peinture pour rafraîchir l'ensemble, et le remplacement de la sonnette par un système sécurisé doté d'une caméra.
Après le drame, elle restera inoccupée pendant quatre ans pour être finalement revendue en 2015 entre 200 000 et 260 000 euros - soit une dépréciation de la moitié du prix en comparaison du marché de l'époque. Les nouveaux propriétaires vont intégralement rénover la maison, de fond en comble, y compris la terrasse. Mais selon les équipes de France 3 Nantes, ils n'y habiteront jamais et s'en sépareront à leur tour quatre ans plus tard en 2019. Ainsi rénovée, elle trouvera de nouveau assez rapidement preneur auprès d'une famille française pour 479 000 euros. La plus-value des anciens acquéreurs est solide. L'opération financière a fonctionné mais on reste toujours bien en deçà de ce qu'elle vaudrait réellement. À titre de comparaison, la maison voisine très similaire se vendait un an plus tôt, en 2018, 613 000 euros.
Aujourd'hui, une nouvelle page s'écrit, non sans difficultés pour les actuels occupants qui refusent toute prise de parole publique. Simon Puech a néanmoins exhumé un article de Paris Match où le propriétaire confiait qu'il ignorait tout de l'affaire au moment de l'achat. Une ignorance qui s'est transformée en un quotidien pesant. L'affaire n'étant pas résolue, la fascination morbide du public persiste. Des groupes Facebook de plusieurs dizaines de milliers de membres épient le quotidien de la maison, commentant les décorations de Noël ou les bruits de travaux, rappelant que l'immobilier peut transformer les murs, mais plus difficilement les mémoires.
