Les Français voulaient à tout prix la sauver : cette manufacture historique ne mettra finalement pas la clé sous la porte
Plus que de simples objets déco, les pièces d'exception fabriquées ici font partie intégrante du patrimoine français. Un temps en danger à cause d'une dette conséquente, l'une des plus vieilles manufactures du pays respire à nouveau grâce à un élan de solidarité massif.
C'est le genre de dénouement qui réchauffe le cœur des amateurs de patrimoine et autres défenseurs du "fabriqué en France". Imaginez une institution séculaire, gardienne d'un savoir-faire unique au monde, soudainement menacée suite à son placement en redressement judiciaire. Depuis septembre 2024, l'inquiétude planait sur ses ateliers : une dette de plus d'un million d'euros menaçait d'éteindre les fours de cette maison prestigieuse.
Heureusement, l'histoire ne s'est pas arrêtée là. Face à l'adversité, un élan de solidarité hors norme s'est organisé. Ce n'est pas seulement une entreprise que les Français ont voulu sauver, mais un fragment de notre identité artisanale. Entre les murs de la manufacture, les 34 salariés ont retenu leur souffle, soutenant majoritairement la vision de leur dirigeant actuel pour éviter le démantèlement.
Le sauvetage tient presque du miracle industriel. Pour redresser la barre, une stratégie audacieuse a été déployée, articulée comme les couches d'une faïence fine. D'un côté, l'appel aux entrepreneurs locaux, de l'autre, la création d'une société d'amis de la manufacture. Mais c'est surtout le financement participatif qui a marqué les esprits, récoltant plus d'un million d'euros grâce à la générosité de milliers de contributeurs anonymes. La pression était immense, d'autant que des noms prestigieux, comme la famille George - première fortune lorraine - ou les sœurs Bauduin, étaient sur les rangs pour une reprise. Mais la fidélité a payé.
Fin février, le tribunal de commerce de Val de Briey a tranché en validant le plan de continuation de Martin Pietri, propriétaire actuel. La sentence est libératrice : la manufacture des Émaux de Longwy est officiellement sauvée. Les artisans vont désormais devoir honorer les promesses faites aux donateurs : la fabrication de 6 000 tortues et 1 000 chouettes en céramique, symboles de cette renaissance inespérée.
Désormais suivie de près pendant dix ans, l'institution peut enfin regarder vers l'avenir. Le champagne, resté sagement au frais, a enfin pu être débouché dans les ateliers de Meurthe-et-Moselle. Longue vie Longwy !
