Même si cette fleur retrouve de plus en plus sa place dans les massifs, les potées et même les jolis bouquets d'automne, notamment grâce à son incroyable diversité de formes et à ses belles couleurs d'automne, en France, le chrysanthème est immanquablement associé à la Toussaint. Il est d'ailleurs choisi dans 64 % des achats selon VALHOR (l'Interprofession française de l'horticulture, de la fleuristerie et du paysage) et France AgriMer (l'Établissement national des produits de l'agriculture et de la mer). En réalité, cette association est bien de chez nous. Au Japon, par exemple, le chrysanthème est au contraire un symbole de longévité et de noblesse, emblème de la famille impériale. En Allemagne, la ville de Lahr lui consacre même chaque automne un festival, baptisé "Chrysanthema", durant lequel les rues se parent de milliers de chrysanthèmes aux couleurs éclatantes.

Dans notre pays, pour comprendre pourquoi le chrysanthème est considéré comme la fleur des cimetières, surtout par nos aînés, il faut remonter au XIXᵉ siècle. À cette époque, on commence à déposer des chrysanthèmes sur les tombes, car ils font partie des rares fleurs encore épanouies en novembre. Mais la tradition prend surtout de l'ampleur après la Première Guerre mondiale. Pour le premier anniversaire de l'Armistice, les Français sont invités à fleurir les tombes des soldats morts au combat. Le chrysanthème s'impose alors davantage dans les cimetières, jusqu'à devenir un véritable symbole de la Toussaint. On apprécie sa floraison généreuse et sa robustesse, pourtant ce n'est pas forcément le meilleur choix pour garder une tombe fleurie le plus longtemps. Tout dépend de la météo : ses fleurs supportent en réalité plutôt mal les pluies répétées et les fortes gelées.

Pour éviter des fleurs qui brunissent rapidement et garder une tombe fleurie dans la durée, la bruyère est finalement un choix beaucoup plus pragmatique. Cette plante supporte mieux le froid et les intempéries, et certaines variétés peuvent rester en fleurs pendant une bonne partie de l'hiver avec des couleurs variées allant du violet au rouge en passant par le blanc ou le rose.

Au moment de l'achat, il faudra veiller à choisir une bruyère d'hiver (Erica carnea), car c'est celle qui résiste aux gelées et qui fleurit de novembre à avril selon le climat. La callune, souvent vendue en jardinerie à l'automne, est également résistante, mais sa floraison se termine généralement plus tôt.

La bruyère pourra s'accompagner de pensées car elles sont aussi résistantes au froid et continuent de fleurir longtemps dans les régions où les températures restent douces. Autre possibilité, les hellébores, aussi appelées roses de Noël, qui fleurissent en plein hiver et supportent bien les gelées. Les cyclamens peuvent également convenir, à condition de choisir des variétés rustiques comme le cyclamen de Coum.