Faire des travaux coûte déjà assez cher comme ça. Alors, quand un artisan propose de rénover une maison pour moins cher que ses concurrents, difficile de ne pas être tenté. Surtout s'il semble sérieux et connaît visiblement son métier. Mais certains propriétaires découvrent un peu tard que l'affaire du siècle peut finalement leur coûter une petite fortune.
En France, les litiges liés aux travaux prennent plusieurs formes : malfaçons, factures qui gonflent, chantiers abandonnés... Et lorsque l'artisan disparaît, il peut être compliqué de récupérer son argent. Même un devis signé ne garantit pas d'être remboursé si l'entreprise est insolvable. La DGCCRF recommande donc de vérifier les assurances du professionnel, son immatriculation et les prestations prévues avant de s'engager. Mais certains escrocs savent parfaitement inspirer confiance.
Sheri Ingram en a fait l'amère expérience, comme elle le raconte au Guardian. Avec son compagnon, elle pensait avoir trouvé un artisan sérieux pour agrandir une maison. Mais l'affaire a rapidement pris une autre tournure. Le couple disposait d'un budget d'environ 9 200 euros. L'artisan leur avait promis un tarif réduit grâce à des matériaux récupérés sur un précédent chantier, avant de réclamer un acompte pour acheter des fournitures supplémentaires. "À l'époque, nous l'avons cru", raconte-t-elle. Puis les demandes d'argent se sont multipliées, sous prétexte de problèmes imprévus. "Nous avons perdu près de 16 000 euros", résume-t-elle. Au bout de six semaines, l'artisan avait disparu, laissant les travaux inachevés. Il a depuis été condamné pour plusieurs escroqueries.
C'est justement sur les grosses sommes réclamées avant même le début des travaux que Tony Swainston, expert du bâtiment interrogé par Which?, attire l'attention. "Un bon constructeur ne devrait pas exiger d'argent d'avance", affirme-t-il. "Il a généralement des accords avec des fournisseurs de matériaux de construction et des sous-traitants." Autrement dit, un artisan qui réclame plusieurs milliers d'euros pour acheter des fournitures avant de commencer mérite quelques vérifications. En France, un acompte est parfaitement légal, mais son montant doit être prévu au devis et les paiements suivants peuvent être échelonnés selon l'avancement réel du chantier.
Mieux vaut également se méfier d'un professionnel qui propose une grosse réduction contre un paiement en espèces, surtout sans facture. Pour garder une trace des règlements, privilégiez les virements et conservez tous les justificatifs. En cas de litige, la plateforme SignalConso permet de signaler les pratiques suspectes. Et si l'artisan réclame déjà la moitié du budget alors qu'il n'a pas encore sorti sa caisse à outils, rien n'empêche de demander quelques explications avant de payer.